Piggy Sue

C’est à toi que je m’adresse, odoriférant personnage, puant petit fonctionnaire grisâtre qui hante chaque jour ma rame de métro, toi qui viens exhaler tes miasmes nauséabonds sous la sensibilité de mon nez délicat, toi qui sens… non à un tel niveau de puanteur, tu ne sens plus rien, tu survis simplement dans un nuage méphitique, à la moindre étincelle craquée près de toi, le métro exploserait.  Oui c’est à toi que je parle, toi dont l’odeur s’accroche à mes vêtements lavés de frais, car même ton odeur a décidé de ne plus te suivre tellement tu refoules du baquet, tu empestes le dessous de bras suant, tu soupires une haleine chargée à l’oignon sauvage et tu dégages un arôme de sous-vêtement suspect.

Comme chaque matin, tu t’en vas, tes chaussures peinant à retenir les effluves sauvages de tes pieds galeux, sans te douter que ton absence de douche matinale va me pourrir l’ensemble de ma journée.  Alors que la fragrance musquée qui te sert d’odeur corporelle imprègne mes muqueuses, je t’imagine rejoindre un improbable métier de bibliothécaire.

Dans ta collection de livres, relis Le parfum de Süskind, ça te les fera, les pieds.

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