Les Poireaux

C’est à toi que je m’adresse, Speedy Gonzales de Prisunic.  Toi qui officies à la caisse de ma supérette de quartier.  Toi, véritable despote du tapis roulant.  Toi, qui prends un malin plaisir à scanner les denrées alimentaires plus vite que ton ombre.  Toi, qui du haut de tes 20 ans et de tes boutons d’acné sur la gueule, terrorise les petites vieilles à permanentes bleutées.  Toi qui oses demander le total des produits achetés alors que les pauvres grands-mères peinent encore à tasser la botte de poireaux dans leur cabas à motif de tweed.

Donc, tu aimes la vitesse.  Tu aimes que ça aille vite.  Tu es probablement né d’un acte sexuel pratiqué à la cloche de bois, ton père honorant ta mère d’une éjaculation précoce.  Tu manges au Quick parce que c’est du fast food et que ce sont les seuls mots que tu connaisses en anglais.  Tu engloutis en dix secondes chrono un menu Giant, ce qui accélère tes risques d’accident cardio-vasculaires.  Tu roules vite, dans une voiture pauvrement tunée.  Tu effectues des dérapages que tu penses contrôlés sur le parking d’un centre commercial au son d’une musique hystérique de mégadancing.

Triste tyran.  Derrière ton scanner, tu n’as pas connu les caisses enregistreuses.  Je te parle d’un temps où les caissières cliquetaient le prix des marchandises sur des machines plus imposantes que ton cerveau.  A l’époque, les caissières n’hésitaient pas aider un client qui s’esbignait sur un sac récalcitrant.  Les caissières savaient lire les chiffres en-dessous du code barre et les reproduire sur de lourdes touches en laiton, chose que tu ne pourras jamais faire parce que derrière le plastique de tes lunettes souffle le vide intersidéral de ta bêtise.

Je te souhaiterais bien une mort longue et douloureuse mais tu mourras vite, au volant de ta bagnole au bas de caisse fluorescent.  Ou écrasé par un trente tonnes parce qu’on ne t’a pas appris à traverser dans les clous et puis ça te ferait perdre un temps précieux d’attendre que le petit bonhomme devienne vert.

C’est à toi que je m’adresse, Speedy Gonzales de Prisunic.  Si j’en avais l’occasion, je te ligoterais sur le tapis roulant dont tu es si fier et je t’étoufferais avec une énorme botte de poireaux.

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